Effectuer une recherche documentaire consiste à trouver des sources d’information et à retenir celles qui sont de qualité pour le travail à réaliser.

L’abondance de sources qui se présentent dans une recherche requiert d’être en mesure de faire un tri et donc de disqualifier certaines sources si elles ne sont pas suffisamment crédibles ou pertinentes pour nos besoins (Fournier, 2023, p. 28).

On peut alors s’aider de critères de sélection et d’évaluation qui sont exposés dans cette page. Notre grille d’évaluation des sources vous permet également de les appliquer rapidement lors de la sélection d’un document.

Évaluer la pertinence d’une source

Prendre le temps d’évaluer les sources trouvées vous permet de ne sélectionner que des documents qui sont pertinents à la réalisation de votre travail.

Dans tous les cas, référez-vous d’abord aux consignes qui vous ont été données. La sélection de vos sources peut dépendre du type de document exigé (livres, articles ou articles de revues scientifiques seulement) et de la nature du travail (longueur, profondeur et critère d’utilisation de sources récentes).

La pertinence d’une source est toujours analysée en fonction de vos besoins. Il est donc important de les avoir précisés au préalable. Au besoin, consulter la section Choisir et cerner son sujet [Ajouter lien-ancre dans la page lorsque activé] de l’étape Préparer sa recherche [Ajouter vers la page lorsque activée].

Pertinence en fonction du sujet

Pour évaluer rapidement la pertinence d’un document, vérifiez qu’il est directement en lien avec votre sujet de recherche en regardant les éléments suivants :

  • Titre
  • Sous-titre
  • Mots-clés
  • Auteur
  • Date de publication

Dans un deuxième temps, consultez les sections suivantes qui vous en apprendront davantage sur les facettes traitées et l’angle d’analyse :

  • Résumé
  • Table des matières
  • Introduction
  • Conclusion

Parcourir un document de cette façon vous sera d’une grande aide lorsque vous obtenez un grand nombre de résultats à votre recherche ou lorsque les documents choisis sont plus volumineux.

Pertinence du contexte de publication

Portez aussi une attention particulière à ces deux éléments :

  • La date de publication : de manière générale, les documents plus récents tiennent compte de ce qui s’est fait avant. C’est particulièrement important si votre sujet est sensible au contexte temporel, comme en politique par exemple, où la politique d’un même parti évolue dans le temps en fonction de son chef.
  • La localisation et le contexte : si votre recherche porte sur un contexte géographique particulier, il est très important d’en tenir compte dans votre recherche. Par exemple, beaucoup des textes en français sont faits en France. Or, les contextes historique, culturel, législatif et politique de la France sont différents de ceux du Québec et ne peuvent être directement transférés à une recherche dans le contexte québécois. La même vigilance s’impose pour des textes écrits aux États-Unis. Vous devez rester alertes pour savoir ce qui est transférable et ce qui ne l’est pas.

Sources primaires et secondaires

Dans le cadre d’une recherche documentaire, la distinction entre une source primaire et les sources secondaires repose sur la proximité de l’auteur avec l’événement ou le sujet d’étude.

Une source primaire constitue un témoignage direct, brut et original, n’ayant subi aucune interprétation humaine préalable. Il peut s’agir :

  • d’un journal intime,
  • d’un document d’archive,
  • de données statistiques brutes,
  • d’une œuvre d’art,
  • des résultats initiaux d’une expérience scientifique.

Ce sont essentiellement les données à la base d’une recherche scientifique. Les critères de l’évaluation et de l’analyse des sources primaires sont différents des autres textes. On ne s’attend pas notamment à ce qu’une source primaire soit objective ; c’est au chercheur de l’être en l’analysant!

À l’inverse, les sources secondaires (et tertiaires, comme les encyclopédies) analysent, synthétisent, commentent ou évaluent ces données de première main. C’est le cas des articles de revue scientifiques qui proposent un regard distancé et une mise en contexte essentielle pour comprendre la portée de la source originale (Jolicoeur, 2023, p. 112-114).

Sources utilisées pour la rédaction de cette section

Fournier, A. (2023). Méthodes de travail intellectuel en sciences humaines. Éditions CEC.

Jolicoeur, N. (2023). Méthodes qualitatives en sciences humaines. Éditions CEC.

 

Évaluer la qualité d’une source

Une source est un document dans lequel on puise de l’information. Un document peut être imprimé ou numérique et prendre la forme d’un livre, d’une page web, d’un article de revue, d’un reportage vidéo, d’une photo, etc.

Peu importe le type et la forme du document, il existe des questions clés à vous poser en survolant le texte qui vous permettront de déterminer s’il est crédible et pertinent pour votre travail.

À l’aide de notre grille d’évaluation, nous vous proposons d’évaluer la qualité de vos sources en six critères faciles.

Cet exercice appliqué à chaque document sélectionné vous permet d’exercer votre jugement et votre esprit critique et de vous assurer la qualité des sources qui alimentent votre travail.

Voici les six questions à vous poser pour évaluer la pertinence et la crédibilité d’un texte :

Pertinence pour votre travail

Quoi?

Pertinence et clarté du contenu par rapport à votre recherche.

Sujet : Quelle semble être la thèse ou l’hypothèse s’il y en a une?

Type de source : Êtes-vous en mesure d’identifier le type de document? Est-ce conforme avec les consignes données? Est-ce un texte d’opinion ou d’information?

Quand?

Actualité du texte (pour certains types de travaux).

En quelle année le texte a-t-il été publié? Cela affecte-t-il sa pertinence?

La date de publication ou de mise à jour est-elle récente?

L’information est-elle toujours d’actualité par rapport à votre sujet?

Où?

Pertinence et clarté du contenu par rapport à votre recherche.

Sujet : Quelle semble être la thèse ou l’hypothèse s’il y en a une?

Type de source : Êtes-vous en mesure d’identifier le type de document? Est-ce conforme avec les consignes données? Est-ce un texte d’opinion ou d’information?

Crédibilité de la source

Qui?

La crédibilité et la fiabilité de l’auteur ou de l’autrice du texte et de la plateforme ou maison d’édition qui diffuse son texte.

Niveau 1 : L’autrice ou l’auteur est-il clairement identifié? S’il s’agit d’un texte trouvé sur le web, qui héberge la page?

Niveau 2 : Quelle est sa formation et/ou son expérience? Sur quels sujets portent ses autres publications?

Niveau 3 : S’agit-il d’un ou d’une spécialiste du domaine traité? L’éditeur ou l’organisme qui a publié le document est-il connu ou reconnu? Identifiez le biais s’il y en a un.

Comment?

La transparence de la démarche à travers les sources utilisées et la méthode en considérant les limites de l’étude et son éthique.

Niveau 1 : Les sources utilisées par l’auteur sont-elles citées de façon transparente au fur et à mesure dans son texte? De quelle façon le document est-il structuré? Y a-t-il une bibliographie?

Niveau 2 : La méthodologie est-elle exposée? Les informations données sont-elles précises et vérifiables? S’il y a des valeurs numériques, la marge d’erreur est-elle donnée?

Niveau 3 : La publication a-t-elle été revue par des pairs? (experts du domaine, comité de lecture, peer review)?

Pourquoi?

Le but du texte et les motivations de son auteur, objectives ou non.

Quelles sont les motivations de l’auteur : informer, divertir, former, convaincre?

Le langage est-il neutre ou partial? Quelles sont les préoccupations premières de l’auteur quant à l’information donnée? Cherche-t-il davantage à étayer les faits ou à prouver son opinion?

Est-ce que la publicité ne prend pas trop de place dans la publication?

Y a-t-il conflit ou apparence de conflit d’intérêts? L’auteur fait-il de la recherche militante? Si oui, le fait-il de manière transparente? Ne pas le déclarer pourrait être problématique.

Plusieurs angles de l’enjeu sont-ils exposés de façon objective? L’auteur présente-t-il honnêtement les auteurs ou études qui ne vont pas dans sa direction?

Si vous avez répondu par l’affirmative à une forte majorité de ces six questions, il est fort probable que vous puissiez utiliser de manière critique cette source d’information. Un texte qui ne répond suffisamment pas à ces critères devrait être disqualifié et ne pas être utilisé comme source. Cette évaluation finale vous appartient.

En utilisant la grille d’évaluation des sources, vous pourrez prendre en note la référence complète du document au moment de l’évaluer. Vous aurez ainsi toute l’information en main pour bien citer la source et l’ajouter en bibliographie dans votre travail.

Notre exercice sur l’évaluation des sources [en révision] vous permet de mettre en application ces critères d’évaluation de la qualité et de la pertinence des sources avec cinq exemples d’articles de journaux et de revues.

Consultez également notre aide-mémoire Évaluer ses sources avec six critères faciles qui vous aidera à repérer les informations importantes à vérifier.

Sources utilisées pour la rédaction de cette section

Dionne, B. (2023). L’essentiel pour réussir ses études. Chenelière Éducation.

Collecto. (2026). Évaluer les sources – Mon Diapason. https://mondiapason.ca/fr/etapes-de-recherche/evaluer-les-sources

Comprendre un texte

Étudier au collégial exige de faire de nombreuses lectures. Différents types de textes sont au programme : des manuels scolaires, des articles scientifiques, des études de cas, des rapports de recherche, des textes philosophiques, des essais et des romans dans les cours de littérature, etc. Chaque type de texte requiert une approche adaptée. Pour bien les lire et les comprendre, il faut développer des méthodes appropriées.

Or, chaque domaine d’étude a sa propre façon de présenter les informations. Ainsi, comprendre un texte en littérature, en philosophie ou en sociologie nécessite une certaine expertise pour les comprendre. Le lecteur débutant doit donc apprendre le « code » de ces domaines pour réussir à comprendre le sens de ces textes. Les profs sont les « experts » dans leur domaine de spécialisation. Ils peuvent ainsi montrer à leurs étudiants comment lire et comprendre ces informations spécialisées.

Les méthodes présentées ici se veulent générales. Elles peuvent améliorer la compréhension des textes, mais il demeure important de toujours suivre les consignes et les conseils donnés dans le cadre de votre cours.

Déterminer les objectifs et les intentions de votre lecture

Les consignes sont particulièrement importantes, car elles vous servent de guide pour déterminer vos objectifs de lecture qui vous orienteront au cours des prochaines étapes.

Voici deux catégories possibles (qui ne sont pas mutuellement exclusives) et des exemples d’objectifs :

Trouver des informations

  • Acquisition et mémorisation de connaissances : extraire des faits ou des concepts théoriques d’un texte. C’est le cas, par exemple, de la lecture d’un manuel scolaire dont vous devez maîtriser le contenu pour un examen.
  • Rechercher des informations précises : repérer rapidement des statistiques, des dates ou des arguments clés dans le cadre d’une recherche documentaire.
  • Analyser une mise en situation : lire des études de cas pour identifier des caractéristiques décrites dans certains modèles.

Analyser le texte

  • Comprendre un texte en profondeur : déconstruire les textes pour en démontrer la structure argumentative et en évaluer la validité.
  • Développer une posture réflexive ou esthétique : stimuler l’imagination ou la sensibilité dans un cours de littérature, par exemple.

Travailler un texte — Lecture active

Travailler le texte, c’est mettre en évidence les éléments qui sont utiles à la tâche que vous effectuez. Comme l’expression le dit, la lecture active vous rend actif dans votre lecture :

  • Physiquement, vous pouvez surligner le texte, l’annoter dans la marge, prendre des notes dans la marge, sur une page séparée, faire un schéma synthèse…
  • Mentalement, vous pouvez faire des liens entre ce que vous lisez et vos objectifs, vous questionner sur le texte, le comparer avec d’autres textes… 

Quoi chercher dans une lecture active

Lire de manière active, c’est décider sur quels critères sélectionner les informations les plus pertinentes. Selon vos objectifs de lecture, vous n’allez pas faire ressortir le même type d’information. Vous pouvez avoir plusieurs objectifs de lecture.

Voici les différents types d’information que vous souhaiterez mettre de l’avant selon votre objectif de lecture.

Trouver des informations spécifiques

Vous devez clarifier les éléments dont vous avez besoin, par exemple :

  • La définition des concepts à apprendre à l’examen.
  • Les dates clés et les événements d’une période historique.

Analyser le texte

De manière générale, l’analyse d’un texte se fait en identifiant trois types d’information : le sujet, l’idée centrale et les idées de soutien du texte.

  • Le sujet est le thème du texte. On le trouve dans le titre.
  • L’idée centrale (thèse ou hypothèse) est le fil conducteur du texte et le message principal. Les autres sections du texte servent d’appui. Dans un texte argumentatif, on parle généralement de la thèse de l’auteur ; dans un article scientifique, on parlera plutôt d’hypothèse. Cette hypothèse répond à une question de recherche qui guidera l’ensemble.
    • Cette idée centrale comprend non seulement le sujet (par exemple le changement climatique), mais aussi ce que l’auteur affirme à ce sujet dans son texte (par exemple : la résolution des changements climatiques passe par une coopération internationale).
    • Parfois, l’auteur donne directement son idée centrale, soit en début de texte (dans son sujet posé, par exemple), après une mise en contexte introductive ou en même en fin de texte (en conclusion, tout ce que j’ai dit amène à…). D’autres personnes ne la disent pas de manière explicite et il faut la déduire.
    • Il est possible qu’un texte informatif, il n’y ait pas nécessairement d’idée centrale, juste un sujet (ex. La Rome antique).

Les idées de soutien, soit les idées principales et secondaires sont les idées qui soutiennent l’idée centrale. L’idée centrale (ou la thèse) repose sur plusieurs idées principales qui elles-mêmes reposent sur des idées secondaires. Il peut y avoir plus de deux niveaux, l’important ici est de comprendre la hiérarchie des idées.

    • Dans un texte plus long, chaque section identifiée avec un sous-titre devrait amener une idée principale soutenant l’idée centrale.
    • Chaque paragraphe devrait également être structuré autour d’une idée. Cette idée est souvent en début de paragraphe.
    • Les idées secondaires sont souvent plus concrètes et servent de preuves aux idées principales.

Pour les textes argumentatifs, une autre façon de le voir est en fonction du rôle des différentes composantes : la thèse, l’argument et la preuve.

La thèse résume le message principal, l’opinion ou la position défendue par l’auteur sur un sujet donné et qui est soutenu par toutes les informations clés du texte.

    • Ex. : La résolution des changements climatiques passe par une coopération internationale.

L’argument est l’idée servant à soutenir la thèse. Cette idée reste assez générale ou théorique. C’est un peu une des idées principales d’un texte argumentatif.

    • Ex. : Les efforts isolés d’un seul pays ne résolvent pas le problème si les autres nations continuent de polluer, car les gaz à effet de serre ne s’arrêtent pas aux frontières.
    • On voit bien le lien avec la thèse : la coopération est nécessaire, car un effort isolé n’est pas suffisant.

Parfois, les auteurs ne donnent pas directement leurs arguments. Il faut alors le « deviner » en regardant dans quel sens vont les preuves données.

La preuve correspond aux passages du texte illustrant ou soutenant l’argument. Cela peut être des exemples, des statistiques, des résultats de recherche, etc.

    • Ex. : Par exemple, le Canada est responsable de 1,44 % des émissions mondiales qui sont en augmentation au niveau global.
    • On voit le lien avec l’argument, les efforts en solitaire du Canada ne permettraient pas de résoudre le problème.
    • Note : la preuve ici n’est pas solide, car la Chine représente à elle seule 29,2 % des émissions en 2024 (Crippa et al., 2025) et donc a une certaine capacité d’agir seule…

Sources utilisées pour la rédaction de cette section

Cégep à distance. (s.d.). Guide sur les méthodes de travail. https://www.cegepadistance.ca/accueil-etudiant/etudiant-inscrit-acces/aide-a-la-reussite/guide-sur-les-methodes-de-travail/

Crippa, M., Guizzardi, D., Pagani, F., Banja, M., Muntean, M. et al. (2025). GHG emissions of all world countries – 2025 Report. Publications Office of the European Union. https://data.europa.eu/doi/10.2760/9816914

Estudier, F. et Debas, K. (2020). Savoir apprendre pour réussir. Les meilleures stratégies d’étude validées par la science. Pearson ERPI, p. 74-82.

Jacques et al. (2023). L’Efficace. Méthodes de travail gagnantes en sciences humaines. Fides Éducation.

Organisation for Economic Co-operation and Development. (2025). How different climate policies affect carbon leakage through trade. https://www.oecd.org/content/dam/oecd/en/publications/reports/2025/12/how-different-climate-policies-affect-carbon-leakage-through-trade_c3532baa/5819ce91-en.pdf

World Trade Organization. (2022). World Trade Report 2022 – Carbon pricing and international trade. https://www.wto.org/english/res_e/booksp_e/wtr22_e/wtr22_ch4_e.pdf

Recueillir et organiser l’information

Annoter et surligner directement dans un texte

Voici quelques conseils qui se veulent généraux pour appliquer une lecture active. Référez-vous d’abord aux consignes données dans le cadre de votre cours.

Matériel nécessaire : un crayon (si possible à la mine) et/ou des surligneurs de plusieurs couleurs. Vous pourriez, par exemple, utiliser le jaune comme couleur de base, le rose pour souligner les sous-titres ou les grandes idées du texte et le vert pour les définitions.

Pourquoi annoter?

Pour faire ressortir la structure et les idées principales d’un texte et/ou mettre en évidence les éléments à retenir qui dépendent de vos objectifs. On souhaite ainsi :

  • Identifier des concepts-clés.
  • Isoler et organiser des données.
  • Soutenir l’étude pour les évaluations en classe.
  • Établir des liens entre les idées et structurer notre préparation pour les travaux.

Qu’est-ce qu’une annotation?

  • Il peut s’agir d’un bref résumé synthétique à même le document.
  • Une note dans la marge pour une lecture engagée.
  • Une aide à la mémorisation et au regroupement d’idées.

Comment faire des annotations efficaces?

  • Résumez les points clés avec vos propres mots.
    • Utilisez les titres et les mots en gras comme guide.
    • Repérez les idées principales, les arguments et les éléments de preuve.
    • Observez la structure du texte. Ordre chronologique? Arbre conceptuel? Etc.

En annotant, vous augmentez votre engagement et votre lecture active. Ceci vous permet de lire en réfléchissant et en assimilant les données et les idées.

  • Notez des questions et de brefs commentaires dans les marges.
    • Utilisez la marge de gauche pour y indiquer la structure argumentaire (argument, méthodologie, preuve) et les définitions.
    • La marge de droite peut vous servir à indiquer, vos questions, vos commentaires ou l’utilité pour votre travail.

Le but est de stimuler votre réflexion sur le contenu et à mettre les bases de votre démonstration 

  • Reformulez les idées et établissez des liens avec vos connaissances antérieures.
    • Quels termes reviennent fréquemment? Est-ce que l’on peut faire un lien avec la matière du cours? Commentez.
    • Quand vous annotez, demandez-vous comment vous expliqueriez le sujet à un tiers.
    • N’hésitez pas à utiliser des abréviations et des symboles.
Légende de l’image : Un exemple de texte annoté sur papier. Jacques et al., 2023, p.21

Comment souligner ou surligner?

Surlignez ou soulignez avec discernement. Selon Jacques et al., un maximum de 15 % du texte devrait être souligné (2023, p. 20).

  • Encercler ou surligner les concepts clés, leurs expressions et si présent, leurs définitions.
  • Ne surlignez qu’une fois arrivé à la fin d’un paragraphe ou d’une section. Prenez le temps de réfléchir à votre lecture et d’identifier les concepts principaux avant de surligner. Cela vous permettra de repérer les idées clés et d’éviter de surligner machinalement.
  • Limitez-vous à une phrase ou un groupe de mots par paragraphe. Choisissez la phrase qui exprime le mieux le concept principal.
  • Surlignez les mots et expressions clés plutôt que des phrases entières.
  • Vous pouvez utiliser un code couleur : une couleur pour les définitions et les points clés, et une autre pour les exemples.
  • Ajoutez un résumé dans vos propres mots des passages soulignés dans la marge.

Ce tableau tiré de la page web The Learning Center résume bien avec un exemple l’équilibre à trouver dans l’annotation de textes.

Prendre des notes de lecture

Prendre des notes de lecture consiste à consigner des informations de façon schématique en respectant le contenu et la structure du texte, mais dans un document séparé. Cela facilite les comparaisons entre les textes et permet de s’y référer à un autre moment.

Les notes de lecture servent à l’étude, à la préparation des examens et à la rédaction de résumés ou à faire une analyse de texte. Elles permettent de repérer la structure d’un texte, c’est-à-dire d’en saisir l’idée centrale, ainsi que l’idée principale et les idées secondaires de chacune des parties. Elles facilitent la mémorisation et accroissent considérablement la compréhension d’un texte.

Caractéristiques des notes de lecture

  • Elles respectent le contenu et la structure du texte.
  • Elles sont schématiques et exhaustives (rien d’essentiel n’y manque).
  • Elles s’accompagnent de notes personnelles : commentaires, questions, ajouts destinés à accroître la compréhension du texte.

Marche à suivre pour prendre des notes sur papier ou dans un document Word

  • Écrire la référence complète du texte selon les normes APA en consultant notre tableau synthèse ou encore l’outil bibliographique du site Diapason.
  • Consigner méthodiquement les informations tirées du texte : idée centrale, puis pour chaque partie : l’idée principale et les idées secondaires ; reproduire les sous-titres et noter la page afin de retrouver rapidement les informations dans le texte au besoin. Indiquez s’il s’agit d’une citation ou d’une paraphrase.
  • Ajouter les informations suivantes selon vos besoins :
    • Définitions de concepts, approche théorique utilisée.
    • Éléments importants, tels que certains noms propres, des dates, des définitions ; intégrer une citation au besoin.
    • Notes personnelles : poser une question, noter un mot nouveau, référer à des notions vues en classe, à une utilisation potentielle pour un travail, etc.
  • Diviser la feuille en deux parties si vous le désirez (ou selon les consignes du professeur) : l’une pour les notes de lecture, l’autre, d’une bonne largeur, par exemple, pour les notes personnelles. Vous pouvez utiliser ce gabarit ou vous référer à ces deux exemples.

Faire des fiches de lecture synthétiques

Voici un modèle de fiche de lecture synthétique que vous pouvez utiliser pour bien recueillir et organiser l’information provenant d’une source.

Il s’agit d’un modèle général. Si vous avez reçu des consignes plus précises dans le cadre de votre cours ou pour un travail, privilégiez-les.

Une fiche thématique devrait compiler les éléments suivants :

  1. Référence complète de la source
  2. Les motifs de l’auteur ou l’autrice
  3. La méthode
  4. Les concepts et notions clés
  5. Ce que vous apprend cette source sur votre sujet (pour un travail de recherche)

Concevoir des fiches de lecture thématiques

Les fiches de lecture thématiques sont particulièrement utiles dans l’élaboration d’un travail de recherche, mais elles peuvent aussi servir pour d’autres types de travaux.

Elles permettent de recueillir des informations de diverses sources, de les classer à partir de thèmes précis et de les réorganiser en fonction de l’évolution du projet. Elles constituent la base du plan de rédaction.

Les fiches thématiques sont particulièrement adaptées au travail d’équipe, car elles peuvent s’échanger facilement. On y recourt également pour organiser des notes en vue d’un examen ou d’un exposé oral.

Caractéristiques des fiches de lecture thématiques

  • Les fiches de lecture thématiques contiennent divers types d’informations : une citation, des informations qui sont résumées, un tableau ou un graphique, des données ou même un commentaire. Chaque fiche doit contenir des informations associées à une seule source. Lorsqu’une autre source aborde le même thème, il faut faire une autre fiche.
  • Chaque fiche comporte un thème et il n’y en a qu’un seul par fiche. Les thèmes sont des idées en lien à votre sujet de recherche. Par exemple, si votre travail porte sur les organismes génétiquement modifiés (OGM), vous pourriez avoir comme thèmes : plantes génétiquement modifiées, impacts sur la santé humaine, impacts économiques pour les petits agriculteurs, brevetage de ces organismes, etc.
  • Les fiches peuvent être manuscrites ou électroniques ; dans les travaux d’équipe, la fiche électronique s’impose afin de faciliter le partage d’information au sein de l’équipe. À noter que des gabarits de fiche se trouvent à la fin de cette section.
  • L’en-tête contient le thème (à gauche) et certains éléments de la source (à droite). L’en-tête doit être bien séparé du reste de la fiche.

Enfin, il faut suivre les consignes du professeur quand vient le temps de faire des fiches. Certains peuvent demander quelques variantes par rapport au format proposé dans cette page.

Marche à suivre pour rédiger des fiches de lecture thématiques

1— Lire activement les documents :

  • Annoter les documents lorsque c’est possible (photocopier les articles de revue ou les chapitres de livre). Il est aussi possible de le faire directement dans les textes à l’ordinateur.
  • Faire un survol du texte : lire la table des matières, l’introduction et la conclusion, les sous-titres.
  • Lire le texte paragraphe par paragraphe en surlignant les mots-clés, les définitions, les idées directrices.
  • Noter dans la marge la nature des informations trouvées : idée principale, définition, éléments-clés, etc. ; utiliser des abréviations.
  • Être attentif aux marqueurs de relation : premièrement, deuxièmement, de plus, par contre, en résumé, etc.
  • Repérer les informations qui seront pertinentes à la réalisation du travail et qui répondent aux exigences du travail ou aux consignes du professeur. Il n’est pas nécessaire de faire des fiches sur l’ensemble d’un texte, mais bien sur les passages en lien avec le sujet que vous étudiez.

2— La présentation matérielle de la fiche

  • Indiquer sur chaque fiche le thème (un mot-clé) en haut à gauche. Pour un travail sur les Innus de la Côte-Nord, par exemple, vous pourriez avoir comme thèmes l’organisation sociale, les rapports hommes femmes, la religion. Pour un travail de psychologie dont le thème serait la réussite scolaire, les thèmes suivants pourraient être intéressants : les facteurs individuels, les facteurs familiaux, les facteurs institutionnels, etc. Les titres des chapitres ou des articles de revue ne sont pas nécessairement de bons thèmes, car ils sont plutôt imprécis.
  • Inscrire d’abord dans le coin supérieur droit le nom de famille de l’auteur. Prendre note qu’un organisme peut être un auteur (UNESCO, Greenpeace, etc.). Si aucun nom précis n’est indiqué dans le document, inscrire s.a. (pour sans auteur). Cependant, il faut prendre le temps de bien vérifier s’il y a un auteur (voir au bas de la page web, par exemple dans le cas d’un document trouvé dans Internet).
  • Inscrire ensuite l’année de publication du document. Si la source n’a pas de date, vous pouvez indiquer s.d. (pour sans date) pour les documents imprimés. Pour les documents repérés sur le web, vous devez vous assurer qu’il n’y en a pas avant d’écrire cette mention. La date de plusieurs sites se trouve parfois au bas de la page. Vous pouvez aussi indiquer la date de la dernière mise à jour.
  • Pour les documents qui ne sont pas paginés (ceux en ligne notamment), indiquer le numéro du paragraphe (ex. paragr. 5). Les numéros de paragraphes sont de plus en plus indiqués pour les articles de revues qui sont en ligne.
  • Inscrire l’année de publication du document consulté et la page d’où sont tirées les informations inscrites sur la fiche (et non le nombre de pages du livre ou l’ensemble des pages d’un article de revue). Il faut ensuite indiquer le numéro de la page qui a été consulté pour faire le résumé. Si les informations proviennent de plusieurs pages, il est préférable de les présenter au fur et à mesure.
  • Toutes ces informations doivent se retrouver sur chaque fiche. Lors de la rédaction du travail, il faudra indiquer la source des informations. Comme celle-ci est indiquée sur chaque fiche, cela facilitera le travail.

3— Consigner les informations pour une fiche de type résumé

Consigner méthodiquement les notes de lecture, c’est-à-dire les informations retenues, sur les fiches en utilisant vos propres mots. Les informations doivent donc être reformulées et non copiées directement à partir des textes dans le cas d’une fiche résumé. Il faut donc paraphraser. Attention, ne jamais copier textuellement des phrases ou bouts de phrases. Si ces éléments sont utilisés directement dans le travail, vous pourriez être accusé de plagiat. Pour savoir comment paraphraser, consulter la section Bien citer ses sources de ce site.

Il est préférable de faire de courtes phrases et d’éviter de faire de longs paragraphes. Il est cependant essentiel de consigner tout ce qui est important. L’objectif est de ne pas avoir à refaire ces lectures une fois les fiches terminées.

Il se peut qu’on veuille, occasionnellement, citer directement l’auteur de la source (pour une définition par exemple). Dans ce cas, il est impératif de mettre la citation entre guillemets et d’indiquer clairement la page du document où elle a été trouvée.

Enfin, la quantité de lignes complétée sur une fiche dépendra des informations que vous avez recueillies. Il est normal que la longueur du contenu sur les fiches varie. Certaines fiches peuvent ne contenir que quelques lignes alors que d’autres en contiendront beaucoup plus.

Les gabarits et exemples suivants vous permettront de bien concevoir vos fiches de lecture :

Si vous avez reçu des consignes plus précises pour la conception de fiches de lecture dans le cadre d’un cours, privilégiez-les aux modèles ci-dessus.

Sources utilisées pour la rédaction de cette section

Dionne, B. (2023). L’essentiel pour réussir ses études. Chenelière Éducation.

Jacques, J. et al. (2023). L’efficace. Méthodes de travail gagnantes en sciences humaines. Fides éducation.

Press, F. (2004). Understanding earth (4e éd.). W.H. Freeman. 208-210.

Nist, S., & Holschuh, J. (2000). Active learning: strategies for college success. Allyn and Bacon. 202-218.

Simpson, M., & Nist, S. (1990). Textbook annotation: An effective and efficient study strategy for college students. Journal of Reading, 34, 122-129.

The University of North Carolina at Chapel Hill. (2026). Annotating Texts. The Learning Center. https://learningcenter.unc.edu/tips-and-tools/annotating-texts/

Évaluer la rigueur et la validité scientifique d’un texte

Pour passer à cette étape, il est essentiel d’avoir pris connaissance des méthodes de la section Comprendre un texte, car vous devez avoir identifié l’idée centrale du texte ainsi que sa structure argumentative et les preuves avancées.

 

Il n’y a pas de méthode unique pour critiquer de manière constructive un texte. Cette section a pour but de donner des idées. Vous n’avez pas à tout vérifier systématiquement et vous pouvez trouver des limites qui ne sont pas énumérées ci-dessous. Cela dépend du texte et de votre objectif.

Qualité des preuves empiriques

Une preuve empirique est une preuve qui s’appuie sur des observations dans le monde réel, plutôt que par théorie ou suppositions. Souvent, les auteurs observent une partie de la réalité et en tirent des conclusions. Il se peut que l’auteur utilise le travail d’autres pour faire ses observations, il doit donc porter attention à la qualité de ses références. S’il fait la recherche empirique lui-même, il doit respecter certaines règles dans sa démarche méthodologique.

Qualité des références

Les preuves empiriques du document ne doivent pas reposer sur de simples opinions, mais sur des données. Ces données doivent être transparentes, c’est-à-dire avec des sources bien identifiées et avec une méthodologie transparente.

Les données doivent également être fiables, c’est-à-dire obtenues par un processus rigoureux ou des experts reconnus dans ce champ d’expertise et réfutables, c’est-à-dire qu’on puisse démontrer qu’elles soient fausses. Si un auteur formule une idée tellement floue ou générale qu’elle s’applique à absolument toutes les situations possibles, son texte n’est pas falsifiable. Une vraie preuve scientifique doit prendre le risque d’être contredite par les faits.

L’honnêteté intellectuelle nécessite aussi la capacité de l’auteur à intégrer, expliciter et réfuter les contre-arguments, prouvant ainsi qu’il maîtrise la complexité du débat plutôt que d’occulter les points de vue divergents. À l’inverse, un auteur rigoureux évite ce qu’on appelle en anglais le « cherry picking » c’est-à-dire l’élimination de toutes les études qui ne sont pas d’accord avec sa thèse. De plus, les faits présentés doivent être restitués fidèlement dans leur contexte d’origine, sans manipulation ni coupure textuelle visant à servir artificiellement la démonstration de l’auteur.

Quelques questions à se poser :

  • Transparence : Est-ce que je peux retracer l’origine exacte de chaque donnée importante grâce aux notes de bas de page ou à la bibliographie? La méthode pour obtenir ces données (échantillon, sondage, expérience) est-elle expliquée clairement?
  • Précision : L’auteur s’appuie-t-il sur des chiffres, des faits ou des études précises, ou utilise-t-il des expressions vagues comme « on dit que » ou « certains pensent que »? Les experts cités le sont-ils dans leur domaine de compétence? Les outils de mesure étaient-ils adéquats?
  • Honnêteté : L’auteur n’a-t-il intégré que les auteurs qui partagent son point de vue? S’il présente d’autres points de vue, l’auteur présente-t-il honnêtement les théories ou les études qui ne vont pas dans le même sens que sa conclusion? S’il y a des contre-arguments, l’auteur prend-il le temps de les expliquer et d’y répondre de manière scientifique? Les citations directes intégrées dans le texte respectent-elles l’intention globale de l’auteur d’origine, ou semblent-elles sorties de leur contexte pour forcer une conclusion?

Qualité de la démarche méthodologique

Pour un texte scientifique, en plus des critères ci-dessus, il faut évaluer la méthodologie et les résultats. Est-ce que cette méthode est bien explicitée? Sinon, c’est un problème.

  • Réfutabilité de l’hypothèse : L’hypothèse ou la thèse de l’auteur est-elle assez précise pour qu’on puisse imaginer un fait ou une expérience qui prouverait qu’il a tort?
  • Méthodologie : Est-ce que la méthodologie était adaptée à la question de recherche? Est-ce que les outils de collecte sont adaptés?
  • Réduction des biais potentiels. Un biais est une erreur systématique qui fausse les résultats d’une recherche par rapport à la vérité. Contrairement à d’autres types d’erreurs, les biais orientent les erreurs toujours dans la même direction. Par exemple, si je n’interroge que les finissants de mon programme d’étude pour avoir leur avis, il y aura probablement un biais favorable, car les personnes n’ayant pas aimé le programme sont plus susceptibles d’avoir abandonné le programme avant de le terminer. Il existe plusieurs types de biais en science. En voici deux :
    • Un biais de sélection (ou d’échantillonnage) découle du choix des données et des caractéristiques de l’échantillon et de sa représentativité de la population générale (Coron, 2020, p. 30). Est-ce que tous les participants étaient des jeunes Américains universitaires et les résultats ont été généralisés à toute la population mondiale? Dans une analyse de contenu, est-ce que l’auteur a uniquement choisi les sources qui confirmaient son opinion?
    • Un biais d’observation a lieu pendant la collecte de données. Par exemple, en sciences sociales, on a observé un biais de désirabilité sociale : une personne dans un sondage ou une entrevue ne dira pas cequi pourrait être considéré comme honteux (Coron, 2020, p. 38).

Qualité des liens entre les preuves et leur interprétation

L’évaluation d’un texte se fait aussi en analysant le lien entre les preuves empiriques (par exemple une statistique) et le sens qu’on lui donne dans l’interprétation. Voici quelques erreurs à détecter lors de l’évaluation de la rigueur et de la validité d’un texte.

Enjeux liés à la généralisation

Enjeux liés à la généralisation : il faut éviter de trop extrapoler (généraliser) les données. Si un sondage indique que 70 % des cégépiens d’une classe interrogés préfèrent le spaghetti, la conclusion est limitée à ce groupe. On ne peut pas conclure que tous les jeunes du Québec adorent le spaghetti. Ce serait un cas ici où le chercheur surestime ses résultats, ce qui est souvent le cas, car cela donne plus d’importance à son étude. En aucun cas, on ne peut utiliser un exemple unique très précis (preuve anecdotique) pour soutenir un argument qui parle d’une tendance générale.

Réalisée pour le programme de sciences humaines du Cégep, la capsule vidéo Shrek et la généralisation hâtive vous explique le concept de généralisation hâtive.

 

Le principe général est celui de la proportionnalité de la preuve : la force de la conclusion doit égaler la force des données. Une affirmation extraordinaire demande des preuves extraordinaires. Ainsi, une conclusion qui affirme des « jamais » ou des « toujours » comme une vérité absolue devrait avoir des preuves absolues.
Au contraire, un auteur rigoureux formule des conclusions proportionnelles à la quantité et à la qualité des preuves qu’il a accumulées.

La validité de la conclusion dépend de la nuance : l’utilisation d’un vocabulaire modéré et la reconnaissance explicite des limites de l’argumentation. Cela démontre que l’auteur est conscient que ses conclusions ne s’appliquent pas automatiquement à tous les contextes, à toutes les époques ou à toutes les populations. Souvent, il est préférable d’utiliser des expressions comme l’étude « tend à montrer », « suggère » ou contextualise les résultats « dans ce contexte précis ».

Confusion entre corrélation et causalité

C’est l’erreur la plus fréquente en analyse de données. La corrélation est un lien statistique, alors que la causalité est la relation de cause à effet entre deux phénomènes. Elle indique qu’un événement (la cause) en produit directement un autre (l’effet).

Parfois, la causalité peut être captée par un lien statistique entre deux variables. Un exemple de causalité est l’impact du niveau d’éducation des parents sur la réussite scolaire de leurs enfants. Ce lien passe par des mécanismes causaux les reliant, comme la transmission culturelle, l’aide aux devoirs ou un soutien économique.

Cependant, parfois, il y a une corrélation sans lien de cause à effet. Par exemple, on remarque que l’augmentation des ventes de crème glacée coïncide avec la hausse des coups de soleil. Conclure que la crème glacée cause les coups de soleil est absurde. La vraie cause cachée des deux dans ce cas, c’est le soleil.

Dans ce cas, c’est lié, parfois ce ne l’est pas du tout. Comme le cas où les données statistiques ont montré une corrélation presque parfaite (environ 0,99) entre la baisse de la consommation de margarine par habitant et la diminution du taux de divorce dans l’État du Maine (Fontaine-Lavallée et Tremblay, 2020).

La consommation de margarine et le taux de divorce au Maine. Fontaine-Lavallée et Tremblay, 2020.
Légende de l’image : La consommation de margarine et le taux de divorce au Maine. Fontaine-Lavallée et Tremblay, 2020

Quand des données montrent une tendance simultanée, la conclusion doit rester prudente. On dit que les deux éléments « sont liés » ou « évoluent ensemble », mais on n’affirme pas qu’il est certain que l’un cause l’autre sans preuve supplémentaire (Baillargeon, 2026, p. 146). En effet, pour distinguer une simple corrélation et une causalité, cela prend d’autres indices pour isoler les mécanismes causaux dans d’autres études.

Vérifier les définitions

Un concept est une représentation mentale générale et abstraite d’un phénomène (Jolicoeur, 2023, p. 47). Normalement, la définition de concept sert à fixer le sens d’un terme avec ses caractéristiques essentielles et à en délimiter les contours pour éviter toute ambiguïté.

Or, parfois, il y a un des auteurs qui utilisent plusieurs fois le même mot, mais pas toujours avec la même définition, ce qui manque de rigueur. Par exemple, si une étude parle du taux de « réussite » dans un cours, s’agit-il des étudiants qui ont eu plus de 60 % parmi les personnes étudiantes qui ont fait l’examen final ou celles qui étaient inscrites au premier jour de la session? Ce n’est pas la même chose, car plusieurs étudiants se désinscrivent ou abandonnent le cours. La conclusion doit utiliser la même définition que la recherche.

Le lien logique entre les arguments et la thèse

L’évaluation de la rigueur d’un texte argumentatif repose sur la solidité de sa structure argumentaire. Pour être valide, la démarche doit suivre un fil conducteur transparent où la thèse est claire. Chaque argument avancé doit entretenir un lien logique direct avec cette thèse.

Questions pour évaluer la logique et la cohérence d’une argumentation

  • Pertinence : L’argument est-il directement en lien avec la thèse? Si l’argument est vrai, rend-il la thèse plus crédible? Ou, au contraire, l’argument dévie-t-il vers un autre débat?
  • Transitions : Y a-t-il un mot de liaison ou une phrase faisant explicitement le lien avec la thèse? Si le lien n’est pas explicite, arrivez-vous à deviner le rapport entre les deux ou est-ce ambigu? Si je lis l’argument, puis la thèse en les reliant par le mot « donc » (argument donc thèse), la conclusion m’apparaît-elle logique?
  • Portée : Y a-t-il une surgénéralisation ou une généralisation hâtive? L’argument est-il assez fort pour porter la thèse?
  • Cohérence : les arguments se contredisent-ils entre eux? L’argument s’attaque-t-il à ce que l’adversaire affirme réellement, ou combat-il une version exagérée et caricaturée de ses propos? L’auteur utilise-t-il un raisonnement circulaire, où l’argument devant prouver la thèse est lui-même prouvé par la thèse? Ex. « Pourquoi je pense que le Paris St-Germain est favori? Mais enfin, parce qu’ils ont la meilleure équipe! ». (Viktorovitch, 2021, p. 352)
  • Le glissement de sens : Les mots importants de la thèse (comme liberté, justice, sécurité) conservent-ils exactement la même définition dans l’argument?
  • La nature de la persuasion : L’argument me convainc-t-il par des faits liés au sujet, ou cherche-t-il plutôt à susciter ma pitié, ma peur ou ma colère pour emporter mon adhésion?

Quelques erreurs de logique

Parfois, dans un texte argumentatif, un argument peut sembler excellent à première vue, mais n’avoir aucun rapport avec l’idée principale que l’auteur veut prouver. On appelle cela une rupture de pertinence. Dans ce cas, l’auteur dit une chose qui pourrait être vraie, mais qui n’a pas de lien direct avec sa thèse, ou du moins, que ce lien n’est pas bien explicité par l’auteur. Quelques processus (conscients ou inconscients) peuvent mener à des erreurs argumentatives. En voici quelques-uns :

  • Changer de sujet : l’auteur introduit un sujet secondaire, souvent chargé d’émotion, pour détourner l’attention du lecteur de la thèse principale, sans vraiment bien démontrer le lien entre les deux. C’est le sophisme de l’écran de fumée.
  • Changer le sens d’un mot ou d’un concept : l’auteur utilise un mot-clé de la thèse, mais en change subtilement le sens dans son argument. Le lien logique n’est qu’une illusion linguistique. C’est le sophisme de la fausse équivalence. Un auteur pourrait aussi redéfinir un terme en excluant tous les contre-exemples qui viendraient contrecarrer son argument.
  • Jouer sur les sentiments : l’auteur remplace une preuve logique par une manipulation émotionnelle (la pitié, la peur, la fierté). L’émotion est réelle, mais elle ne valide pas rationnellement la thèse. C’est un appel aux sentiments.
  • Déformer les propos d’un adversaire : l’auteur déforme la thèse adverse pour la rendre absurde ou indéfendable, puis il attaque cette version modifiée. Son argument est logique face à la fausse thèse, mais totalement déconnecté du débat réel. C’est le sophisme de l’homme de paille.

Réalisée pour le programme de sciences humaines du Cégep, la capsule vidéo Monsters Inc et l’homme de paille vous explique ce dernier sophisme.

Rester dans une critique constructive

L’objectif d’une critique n’est pas de rejeter en bloc une étude sous prétexte qu’elle est imparfaite. Il est tout à fait normal que chaque texte ait ses limites et l’évaluation de la rigueur et de la validité scientifique vous permettra de les mettre en relief.

Le rôle du critique est donc de remettre les choses dans leur contexte pour voir ce qui reste d’utile et de vrai. Il peut donc identifier les manquements et donner des pistes où d’autres recherches seraient nécessaires et comment les mener.

Par exemple, lorsque l’on fait face à une surestimation des résultats de la part d’un chercheur ou d’un auteur, le rôle du critique est de recontextualiser ces données pour identifier la part de vérité qu’elles contiennent.

Le monde est complexe et pas toujours aisé à appréhender. C’est pourquoi la science est un travail d’équipe!

Sources utilisées pour la rédaction de cette section

Coron, C. (2020). La boîte à outils de l’Analyse de données. Dunod. https://shs.cairn.info/la-boite-a-outils-de-l-analyse-de-donnees–9782100808557?lang=fr

Baillargeon, N. (2006). Petit cours d’autodéfense intellectuelle. Lux éditeur.

Fontaine-Lavallée, C. et Tremblay, P. (2020) Statistiques et esprit critique : la corrélation. Laboratoire des Neurosciences de la Parole et de l’Audition. https://speechneurolab.ca/statistiques-et-esprit-critique-la-correlation/

Viktorovitch, C. (2021). Le pouvoir rhétorique : Apprendre à convaincre et à décrypter les discours. Le Seuil.

Repérer les fausses nouvelles

Sur le web et les médias sociaux, il peut être difficile de discerner les fausses nouvelles (fake news) à travers le fort volume de publications auxquelles nous sommes exposés. 

Afin de déceler les fausses nouvelles et d’éviter de les partager, on peut appliquer sensiblement le même genre de critères et de questions que pour l’évaluation des sources. Voici quelques pistes qui pourraient vous empêcher d’être victime de désinformation ou de la propager. 

 

Identifiez l’auteur de la publication

Est-ce une personne? Une organisation? Son nom est-il bien écrit ou exact? Est-elle fiable? Existe-t-elle vraiment

Vérifiez la date

Un vieil article qui n’est plus à jour ou d’actualité peut parfois refaire surface sur les médias sociaux et nous induire en erreur.

Consultez d’autres sources

Prenez le temps de consulter la publication ou encore, lancer une recherche sur le même sujet dans un moteur de recherche. L’absence de résultats probants pourrait éveiller des doutes ou encore, la publication en question a peut-être bien déjà été identifiée comme un canular ou un piège à clics.

Mesurez vos émotions et vos préjugés

Est-ce que le titre ou le contenu de la publication vous choque ou suscite une émotion forte? La désinformation joue souvent sur nos émotions pour nous manipuler. Nos propres opinions peuvent aussi affecter notre jugement.

Réalisées pour le programme de sciences humaines du Cégep, les capsules vidéo Les Simpsons et la pensée extrême et Coraline et la chambre d’écho illustrent bien ces deux types d’erreurs de jugement.

Et l’humour dans tout ça…

Si c’est trop extravagant, est-ce une satire? Vérifier la vocation du site ou du compte d’où provient la publication sur les médias sociaux.

Qu’en disent les experts?

Vous doutez toujours? N’hésitez pas à faire appel à l’équipe de la bibliothèque en posant votre question au bureau d’aide à la recherche.

Des sites de vérification des faits comme Les décrypteurs, AFP Factuel ou Snopes peuvent aussi vous aiguiller.

Pour aller plus loin

Ces quelques pistes ont été adaptées de l’infographie Comment repérer des « fakes news » conçue par l’International Federation of Library Associations and Institutions (IFLA).

Voici d’autres outils et ressources en lien avec la détection des fausses nouvelles et la prévention de désinformation :

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